NotCompagnie

Adaptation du Cantique des Oiseaux

Distribution

Stanislas Grassian : Metteur en scène
Nathalie van Cappel : Comédienne
Ruben : Musicien
Afshin Ghaffarian : Danseur/Comédien
Nicolas Simonin : Scénographe/vidéaste
Marlène Chaboche : Régie générale
Hélène Chapman : Costumière

Co-produit par la scène conventionnée de l’agglo du pays de Dreux, le SEL de Sèvres et le Dianetum d’Anet, le projet est soutenu par la Région Centre Val de Loire, le Conseil Départemental d’Eure et Loir, la Lanterne de Rambouillet, les Villes de Chartres, Beaugency et Mantes-la-ville.

Ecrit par Attar en langue persane vers 1190, le Cantique des oiseaux est un livre de sagesse de près de 5000 distiques qui contient environ 150 histoires dans l’histoire.
Aidé de la huppe, leur guide spirituel, un groupe de trente mille oiseaux décide de partir à la recherche de la Sîmorgh, leur souveraine.  Malgré la peur des oiseaux la huppe les encourage à se dépasser. Ils s’envolent alors pour un long voyage au péril de leur vie. Les 30 survivants (sî-morgh) se retrouveront face à eux-mêmes et comprendront qu’ils ont fait tout ce chemin pour retrouver leur vrai « moi », débarrassé des attachements du monde.

Stanislas GRASSIAN

Not' intention

  • Je n’ai jamais cru à la révolution.
    Décapiter des têtes pour en ériger d’autres à la place me paraît une violence vaine. En revanche, je suis intimement convaincu que l’on peut bouleverser le monde, obtenir les plus grands progrès, les changements les plus profonds et durables par une révolution qui viendrait de l’intérieur.
    Il y a, nous en sommes tous conscients aujourd’hui, urgence à véhiculer auprès des publics, des messages de paix et de transformation pour appréhender avec plus de sérénité les mutations du monde.
    C’est l’intention que nous posons avec cette adaptation à la scène du Cantique des Oiseaux. L’objectif de ce voyage intérieur, est de nous offrir la possibilité de nous remettre en question et d’abandonner les vieux schémas pour nous envoler vers un renouveau. Accepter ses erreurs, oser regarder en soi, se voir tels que nous sommes, constater les dysfonctionnements, oser rectifier ce qui doit l’être et accueillir la transition.
    C’est violent, peut-être parfois plus que l’impact physique de la matraque ou de la pierre, dans la chair de celui qui croit changer le monde par la force.
    Nous partons du conte, de la force du poème et de la langue d’Attâr. Les mots du douzième siècle viennent frapper nos consciences aujourd’hui.
    Afin de conserver sa dimension universelle au texte, mais également de le rendre accessible à tous, nous ne prononçons jamais le mot Dieu : lumière, secret, voyage intérieur, soi, sont la destination de cette quête.
    Le public est invité à s’interroger sur lui-même. Il va effectuer ce voyage au cours duquel il risquera de perdre quelques plumes et peut-être même, de mourir à lui-même.
    Notre parti pris est de rendre les spectateurs actifs. Ils sont les oiseaux du conte, ceux qui doivent entreprendre le voyage.
    Comme une rupture, un retour au réel, une langue plus théâtrale, contemporaine, vient se confronter à la langue d’Attâr, au travers du personnage du pauvre homme. Il est arrivé au bout de lui-même, il n’a plus rien à perdre. Il veut dépasser ses considérations personnelles, il veut comprendre et vivre la transformation.
    Cette révolution intérieure, lui est-elle accessible à lui aussi ? Lui l’oublié, lui le dernier des hommes ?
    S’il le peut alors pourquoi pas nous ?
    Tout ce que nous voyons et entendons, scénographie, images vidéo, sons, lumières, traduit ce dédale intérieur, cette confusion que nous voulons quitter pour rejoindre la clarté, la plénitude, le dépouillement. Plus nous avançons dans l’histoire, plus le dessin se fait léger.
    A la fin il ne restera qu’une lumière, une note et enfin le silence.

Nicolas SIMONIN

NOT‘ scénographique

  • A l’instar du voyage initiatique auquel nous invite le Cantique des Oiseaux, les espaces construits au plateau seront fluctuants, perméables, multiformes, dans une mise en abyme permanente.
    Le décor composé de cadres mobiles tendus de toiles blanches tantôt transparentes, tantôt opaques selon la façon de laquelle elles sont éclairées permettent la définition d’une multitude d’espaces possibles. Ils se déplacent de façon très fluide. (description technique : les cadres sont des structures métalliques démontables de 2.5m de haut et de 1.2m et 2.2m de large sur roulettes, recouvertes de toiles non feu sans mémoire de forme, avec velcros)
    La vidéo-projection :
    Outre la possibilité de projeter des images réelles reconnaissables, le dispositif cadres mobiles + vidéo permet de créer des zones mouvantes, en utilisant la vidéo comme source de lumière et pour la projection de textures et de matières qui évoquent les éléments, air, eau, fumée, feu… matières tantôt vaporeuses, tantôt organiques.
    Cette lumière-vidéo permet des découpages précis sur les surfaces de projection et également de jouer sur des apparitions de silhouettes réelles qui se mélangent à des ombres fictives.
    (D’un point de vue plus technique : deux vidéoprojecteurs de 5000lm à focale courte : 1 placé au sol en fond de scène, 1 accroché en face. Ils permettent une projection en rétro et en face pour couvrir la totalité des zones de jeu.)
    Les différents cadres permettent la démultiplication des couches d’espaces. Le déplacement possible dans ces espaces donne l’impression de pouvoir passer au travers des images et de passer des étapes, de gagner des combats, contre soi-même et contre les éléments. Dans le Cantique, les oiseaux sont confrontés à des épreuves terribles dans lesquelles beaucoup périssent.
    Dans sa conception, le décor permet une double interprétation : celle d’un voyage dans l’espace-temps, autant que celle d’un voyage à l’intérieur de soi.
    L’espace est à l’image de ce que vit un des oiseaux qui traverse les vallées, et invite le public à s’y projeter. L’espace scénographique nous met en phase avec la perception interne et physique de cet oiseau afin de permettre au public de faire lui aussi le voyage.
    Les espaces sont parfois enfermement, passages, confinement, portes, ils sont souvent vertigineux et semblent parfois sans fin ou labyrinthiques.
    Ils alimentent sans cesse la perte de repères pour mieux se trouver soi, un soi libéré de toutes contingences.

RUBEN

Not’ musicale

  • Tout d’abord, j’ai dû m’interroger sur la place du musicien sur le plateau en particulier et de la musique en général.
    Sans dresser une liste exhaustive d’instruments ou de musiques, je n’ai voulu privilégier aucune origine musicale, aucun courant ou influence liée à l’origine du texte. Dans «Sîmorgh», toutes les musiques ou illustrations sonores seront à la fois jouées en direct ou samplées par des instruments à cordes (basse acoustique fretless, guitare électrique, saz...) ou à vent comme le bansuri ou encore chantées, parlées, improvisées par la voix (ou plusieurs voix).
    Avec un ensemble de plusieurs pédales, les sons, les effets pourront être superposés, transformés en direct sur le plateau, permettant aussi d’enregistrer des boucles musicales.
    L’utilisation des boucles qui répètent indéfiniment la même structure musicale, n’est pas sans rappeler les mouvements concentriques des derviches tourneurs symbolisant le cercle qui représente le tout fini et l’infini du Tout, l’unité et le multiple, le plein et la perfection.
    Le folklore, les musiques traditionnelles, l’improvisation, qui sont sources d’influence, seront nourries de notre époque moderne, de mon parcours autodidacte, éclectique pour initier une danse poétique et musicale intime loin des modes et hors du temps.
    L’utilisation d’instruments traditionnels comme le Saz ou le Bansuri fera appel à des sonorités profondes, anciennes, enracinées culturellement et temporellement.
    Je propose une musique qui oscille entre Orient et Occident, par le souffle, la vibration et la résonance. Un mélange subtil pour souligner l’intemporalité du texte d’Attar écrit au 12ème siècle et tellement présent !
  • Notre Agenda
Retour haut de page